
Ce roman à la fois pur et lumineux est à l'image de la peinture à l'huile dont il est inspiré. La toile d'Emmanuel de Witte réalisée en 1660 représente un intérieur hollandais de l'époque.
Si deux fenêtres laissent entrevoir le paysage extérieur, elles suggèrent le monde alentour plus qu'elles ne le montrent véritablement.
Caressée par une lumière matinale, une chambre à coucher est occupée par une femme représentée de dos, assise devant son épinette. Bien qu'un grand miroir baroque soit disposé au dessus de l'instrument de musique, la figure de la dame, baissée sur son clavier, n'est reflétée qu'à moitié.
De l'autre côté de la pièce, un visage émergeant d'un lit à baldaquin semble regarder le peintre tout en évitant d'être vu.
Ses vêtements et son épée qui marquent son rang sont mis en évidence au tout premier plan...
Le journal de Magdalena Van Beyeren est un récit tout en pudeur d'une femme, mère de famille, mariée à un administrateur de la Compagnie des Indes Orientales à Delft.
Ce récit intime nous plonge dans l'histoire de la narratrice, son goût pour la marine néanmoins réservée aux hommes, ses relations familiales, sa vie au sein de son foyer.
Ses réfléxions, ses doutes et ses désirs nous sont livrés avec une grande délicatesse, dans un style sobre et élégant. Magdalena nous fait voyager, dans l'espace et dans le temps.
Malgré l'aspect historique du récit, cette voix de femme fait écho au monde d'aujourd'hui.
La pudeur et la justesse des propos ainsi que leur mélodie semblent se fondre dans le vernis de la toile. Ce roman est doublement habité.

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